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mercredi 18 juillet 2012

TVA ou CSG ?


Dans son récent rapport, la cour des comptes a fait deux préconisations : une réduction importante du niveau de dépenses publiques (comme à chaque rapport...) et une réforme de la fiscalité. Sur le premier point, le gouvernement a fait la sourde oreille. Sans surprise. Quant au second point, il a pris la forme d'un débat entre CSG et TVA, la cour préconisant en effet l'augmentation de l'une ou l'autre de ces taxes, pour atteindre l'objectif, pourtant peu réaliste, des 3% de déficit budgétaire en 2013.

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a prudemment et courageusement choisit de ne pas choisir. En 2012, ce ne sera donc ni hausse de la TVA, ni hausse de la CSG. Et pour 2013 ? On verra. Suggérons de mandater une énième commission pour y réfléchir. Néanmoins, l'opinion du premier ministre et de sa troupe semble clair. La TVA "sociale", votée hâtivement par la majorité de droite sortante, est en train d'être détricotée, ou plutôt décapité, avant même d'être entrée en vigueur. Comme, en ce moment, de nombreuses lois de l'ère Sarkozy. On ne sait donc pas trop si c'est un parti pris idéologique (surement un peu) ou du pur anti-sarkozysme (surement beaucoup), qui cherche à défaire ce qui a été fait précédemment, en bien ou en mal. En revanche, si rien n'est arrêté, les ministres de l'économie, Pierre Moscovici, et du budget, Jérôme Cahuzac, testent l'opinion en avançant l'idée d'une hausse de la CSG pour 2013. Mais, on avance avec prudence sur le sujet au gouvernement. Le cafouillage de cette semaine sur la rétroactivité ou non des taxes sur les heures supplémentaires a servi d'avertissement.

Sur le fond, qu'en est-il ? TVA ou CSG ? Pour le pouvoir socialiste, la TVA est un impôt injuste qu'il se refuse à augmenter. Injuste, car la TVA est payée par tout le monde au même montant, quelque-soit ses revenus. Injuste, car elle touche directement les ménages, par la consommation. C'est en parti exact. Il faut cependant nuancer. D'abord, les produits et services de première nécessité sont aux taux réduits de 2,1% (Médicaments...), 5,5% (Eau, alimentation...) ou 7% (Transports...). La hausse de la TVA, notamment la TVA dite "sociale", peut ne viser que le taux normal à 19,6% (Vêtements, biens ménagers...). Une hausse de 2% ramènerait globalement le taux français dans la moyenne européenne, actuellement à 21%. De plus, si la TVA n'est pas progressive pour un même produit, elle l'est en réalité dans les faits. En effet, plus son revenu est élevé, plus le consommateur ira vers une consommation haute gamme. Un revenu modeste achètera une voiture 10 000 euros, et payera dessus 19,6%. Un revenu élevé ira vers un véhicule à 30 000 euros, et payera aussi dessus 19,6%, ce qui rapportera donc beaucoup plus (trois fois plus). Enfin, faut-il le rappeler, la TVA est basée sur la consommation, qui est et reste un choix, pas une obligation. Pour éviter de la payer, il est toujours possible de freiner sur sa consommation en biens et services que l'on juge superflus. La vérité, c'est que le gouvernement socialiste de Jean-Marc Ayrault croit encore aux vieilles lunes du keynésianisme, et imagine ici créer de la croissance par le volet consommation uniquement. C'est presque faire injure à Keynes lui-même que de simplifier ainsi sa pensée. Celui soutenait en effet l'utilisation de la dépense publique pour soutenir la croissance (ça se discute), mais pas la gabegie budgétaire. Et il parlait avant tout de grands travaux et d'investissement, pas de coups de pouces inappropriés et mal ciblés.

Qu'en est-il alors de la CSG ? La Contribution Sociale Généralisée est un impôt instauré par Michel Rocard, lorsqu'il était premier ministre, pour participer au financement de la protection sociale. Avouons le, c'est un impôt extrêmement efficace, qui rapporte de plus en plus, car son taux ne cesse de grimper. Il est d'autant plus efficace qu'il est prélevé à la source. Mais est-il juste ? Son assiette est basée sur tous les revenus, que ce soit les revenus du travail, des retraites, des indemnités chômages ou des revenus financiers. Revenus financiers ! Voilà qui a du faire "tilt" dans l'esprit du président dont le seul ennemi déclaré est "le monde de la  finance". Oui mais voilà, du coup, on touche là encore fiscalement tous les ménages, et non pas dans un choix de consommation, mais pour le simple fait de travailler. L'imposition sur le travail étant déjà élevée en France, est il vraiment nécessaire d'un peu plus taxer le fait de gagner sa vie par le travail ? D'autant plus que si la CSG est effectivement progressive avec le revenu, elle touche bel et bien tout le monde, y compris les très petits salaires. Pour le parti de "l'effort juste", on a connu mieux. Il est d'ailleurs assez baroque de vouloir augmenter la CSG, juste après avoir revaloriser le SMIC. Ou comment donner des signaux contraires. Niveau lisibilité de la politique gouvernementale, on a aussi connu mieux. Reste les revenus financiers. Là, on s'attaque à la rente, notamment financière, cible privilégiée des socialistes. Reste cependant que les revenus financiers ne sont pas uniquement ceux de nantis fortunés, pour qui ces tergiversations fiscales n'ont d'ailleurs que peu d'incidence. En revanche beaucoup de petits retraités complètes leurs maigres pensions par ces modestes placements mobiliers et immobiliers...

Reste l'argument choc contre la TVA : le risque d'une répercussion de la taxe sur les prix par les distributeurs  et les entreprises. Cette remarque est parfois valide, c'est exact. Mais pas non plus toujours. Un exemple ? La téléphonie mobile est passée en 2011 d'une TVA de 5,5% à 19,6%. On craignait des hausses généralisées. Finalement, les prix sont restés relativement stables. Peut être grâce à la forte concurrence dans le secteur, accentuée récemment encore par l'arrivée de Free sur ce marché. Eh oui, la concurrence comme réponse à l'impact de  la hausse TVA. Mais n'aller pas parler de "concurrence" ou "d'entrepreneur" au gouvernement. Il vous conduirait illico-presto dans un camp de redressement avec le programme de l'ENA, promotion Voltaire...

vendredi 13 juillet 2012

L'erreur économique



"La maison brûle et nous regardons ailleurs" disait Jacques Chirac lors d'un discours prononcé en 2002 en Afrique du Sud. A l'époque, c'était le réchauffement climatique qui retenait l'attention du monde entier. Aujourd'hui, dans le marasme économique et financier de la zone euro, regarder ailleurs, c'est un peu l'impression que donne le tandem Hollande - Ayrault.

Alors que l’Europe, et tout particulièrement le club des 17 de la zone euro, s'enfonce dans une crise de la dette à l'évidence insoluble, le nouveau pouvoir en place a estimé qu'il était urgent de ne rien décider. Quant aux quelques annonces qui ont pu être faites jusqu'à présent, elles ne tiennent pas compte de l'ampleur de la crise qui s'est abattue sur les pays surendettés du vieux contient. Pire, elles vont souvent à l'encontre du bon sens économique. Oui, Hollande et Ayrault commencent ce quinquennat, pourtant crucial, sur une erreur économique.

Le discours de politique générale de Jean-Marc Ayrault à l'assemblée nationale avait donné le ton. François Hollande l'a confirmé cette semaine devant le Conseil Economique et Social. S'il y a une urgence, c'est bien celle de ne pas agir. Le gouvernement déclare vouloir prendre son temps, et laisser le temps à la concertation  entre les "partenaires sociaux" comme on dit. La méthode est louable. Mais elle a rarement fonctionné, tant le dialogue entre patronat et syndicat est impossible dans le pays. Le premier ministre veut aller à rebours de la méthode Sarkozy, en évitant de réformer dans la précipitation. Certes, le temps est une notion très importante. Le cycle économique des entrepreneurs est un temps long, qui a besoin d'une grande stabilité sociale et fiscale. L'Allemagne bénéficie largement d'une politique de Merkel dans la continuité de celle de Schroeder. Mais, s'il est important de "laisser du temps au temps" comme disait Mitterrand, la nécessité d'engager des réformes, elle, ne peut plus attendre indéfiniment. La question n'est plus de savoir ce qu'il faut faire, mais bel et bien de le faire. Et le plus tôt possible, tant on a traîné depuis des décennies. Au lieu de ça, le gouvernement jette à la poubelle, une à une, toutes les réformes du précédent gouvernement (Heures supplémentaires défiscalisés, hausse de la TVA, hausse du périmètre de construction de 30%, réformes des retraites, prime Sarkozy...), illustrant une fois de plus la grande instabilité d'un pays qui règle ses comptes à chaque alternance.

Quant aux réformes, il faudra encore attendre. Une grande réforme fiscale est à prévoir, mais peine à sortir des cartons. Le candidat Hollande jurait ses grands dieux pendant la campagne électorale que la compétitivité n'était pas un problème pour la France. Désormais le président du même nom s'interroge. Le gouvernement a même commandé un rapport à Louis Gallois. Un de plus. On verra le résultat dans un an. Tous les rapports existent déjà. Ils ne demandent qu'à être mis en oeuvre. Ce gouvernement a une chance historique de réformer le pays et de passer à la postérité comme celui qui aura enfin osé. Mais il hésite. Trop explosif pour son électorat, alors que pourtant les enquêtes d'opinion semblent montrer que la France est désormais mature pour entendre des choses difficiles. L'erreur...

Alors que la cour des comptes répète inlassablement à longueur de rapports (Tiens, encore des rapports !) la nécessité absolue d'assainir les finances publiques, le gouvernement se refuse à toucher aux bataillons de la fonction publique. Il y aura bien quelques non remplacement de départ à la retraite, pour compenser l'embauches des 60 000 fonctionnaires, mais pas de réformes structurelles de grandes ampleurs dans l'appareil administratif. Ou supprimeront-ils les 60 000 postes ? A part, comme d'habitude, dans l'armée (qui ne doit plus avoir grand monde...), le gouvernement ne sait pas. Quant c'est flou, c'est qu'il y a un loup avait dit quelqu'un... Reste que la fonction publique se prépare malgré tout à une cure d'austérité salariale. Incapable de dégraisser ses effectifs, c'était inévitable. Il y a sans doute moyen de faire bien mieux . Les fonctionnaires risquent bientôt de regretter la présidence Sarkozy, plus généreuse sur les salaires dans la fonction publique. Qui l'aurait cru ? Néanmoins, rien à voir avec les coupes sombres de plusieurs dizaines de milliards que l'on voit en Italie, en Espagne, au Portugal ou en Grande-Bretagne. Autre bombe, le problème des dépenses sociales (santé, retraites...) qui explosent et deviennent hors contrôle avec le vieillissement de la population.

Mais le plus grave, c'est peut être la stratégie économique du gouvernement. Elle est peu lisible, et va à rebours des recommandations européennes et de la cour des comptes. La stratégie économique de Hollande et Ayrault semble en effet davantage guidé par un reste d'anti-sarkozysme, que sur une vision claire. Hou, hou, la campagne électorale est terminé, vous êtes aux responsabilités ça y est, Sarkozy est parti ! 10 ans d'opposition, et bien peu d'idée à proposer finalement. Du coup, on détricote tout ce qui a été fait avant. Les RGPP, on arrête. Les heures supplémentaires défiscalisées, on arrête. La hausse de la TVA, on arrête. La réforme des retraites, on arrête... La cour des comptes (ce n'est pas Sarkozy pour le coup) dit : "réduisez vos dépenses et augmentez la TVA ou la CSG". Le gouvernement ne réduit en rien ses dépenses, et ne s'attaque qu'à des symboles gadgets (Salaire des ministres en baisse de 30%). Il avoue lui-même que ça ne rapportera rien. La TVA, pas question d'y toucher. La CSG non plus. Pour l'instant en tout cas. Mais entre les deux, le coeur de Ayrault pencherait quand même pour la CSG. La ministre de la fonction publique, Marylise Lebranchu, souligne pourtant avec justesse que la CSG fait peser une fois de plus le matraquage fiscale sur le travail, et non sur le choix de consommation. Curieuse façon d'encourager le travail. Surtout quant on s'interroge (enfin) sur la compétitivité.

Quant aux tranches d'imposition nouvelles (à 45%, hausse de l'ISF) et le fameux impôt à 75%, est là un encouragement pour entreprendre en France ? Pas sûr. Et une incitation des capitaux étrangers à investir massivement ? Pas sûr non plus. La France est déjà largement imposée, et la seule arme fiscale risque de se révéler bien maigre au moment de faire les comptes. La hausse du SMIC ? De l'avis de beaucoup d'économistes, elle dessert plutôt la compétitivité des emplois peu qualifiés. Assez contre-productif là encore. Et ce que cette hausse du SMIC va coûter à l'Etat ? Ne demander pas à Jérôme Cahuzac. Il a séché sur cette question sur le plateau du grand journal de canal plus. Mais qui est donc ce Jérôme Cahuzac ? Le ministre du budget de ce gouvernement. Ça rassure. Pour le reste le commissaire à la production, Arnaud Montebourg, chapote tout, et nomme un expert sur chaque plan social. Il ne peut guère faire mieux,  l'Etat n'a plus d'argent. On pourrait cependant lui conseiller de relire Schumpeter, et son concept de "destruction créatrice". En temps de crise, nombre d'entreprises disparaissent, c'est irrémédiable. Mais d'autres aussi apparaissent, pour construire le futur de demain. Le drame, ce n'est pas tant que des entreprises disparaissent, mais plutôt qu'un nombre insuffisant apparaisse, et que la formation ne s'y adapte pas suffisamment rapidement. Pour faire vivre l'économie, juste au cas où, il y a éventuellement "l'entrepreneur" de ce fameux Schumpeter qui peut aider. Il peut créer de la croissance, si toutefois on ne lui change pas les lois sociales et fiscales tous les quatre matins.

Pour finir, je ne peux résister à l'envie de reproduire cette citation : "L’Ancien Régime professait que la sagesse seule est dans l’Etat, que les sujets sont des êtres infirmes et faibles qu’il faut toujours tenir par la main, de peur qu’ils ne tombent ou se blessent ; qu’il est bon de gêner, de contrarier, de comprimer sans cesse les libertés individuelles ; qu’il est nécessaire de réglementer l’industrie, d’assurer la bonté des produits, d’empêcher la libre concurrence. L’Ancien Régime pensait sur ce point, précisément comme les socialistes d’aujourd’hui. Et qu’est-ce qui a pensé autrement, je vous prie ?  La Révolution française.". Cette citation est on ne peut plus d'actualité ? Elle date pourtant de 1848. L'auteur en est le penseur politique français du XIXème, Alexis de Tocqueville...


mercredi 6 juin 2012

Chronique d'une présidence normale (2)

En Hollandie, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Dormez braves gens. Loin des tumultes anxiogènes sur l'avenir de la zone euro, la présidence normale s'écoule paisiblement. Le mandat a d'ailleurs déjà été "honoré", dixit le nouveau président lui même. La croissance, invoquée au G8, sera bientôt établie par décret. Les engagements européens sur la réduction des déficits seront tenus. Comment ? Le secret reste bien gardé, du moins jusqu'au second tour des législatives. "Exemplarité" et "efficacité", telle est d'ailleurs la ligne de conduite du gouvernement Ayrault a déclaré Najat Vallaud Belkacem, porte parole du gouvernement. Ah oui ? Vraiment ?

Pour François Hollande, la république exemplaire, c'est la fin du copinage. Fini donc la proximité, affichée sous l'ère Sarkozy, avec les grands patrons du CAC 40 (Vincent Bolloré, Bernard Arnaud...), fini les parachutages d'amis à la tête d'entreprises publiques (Henri Proglio chez EDF) ou d'établissement bancaires (François Pérol à la BPCE), fini la confiscation du pouvoir par un clan. Enfin ça, c'est dans les discours. Dans les faits, un clan en a plutôt remplacé un autre. Si le précédent pouvait s'appeler CAC40, le nouveau n'a plus que 3 lettres : ENA. Et même tout particulièrement une promotion, celle de 1980, connu sous le nom de "promo Voltaire", avec en vedette François Hollande. Ce dernier, reconnaissons le, n'a pas été ingrat avec ces anciens camarades de classe.

Pierre-René Lemas, secrétaire générale de l'Elysée, ENA, promotion Voltaire. Sylvie Hubac, directrice de cabinet du président à l'Elysée, ENA, promotion Voltaire. Jean-Maurice Ripert, diplomate, conseiller du président, ENA, promotion Voltaire. Jean-Jacques Augier, président de l'association de financement de la campagne du candidat Hollande, ENA, promotion Voltaire. Bernard Cottin, vice-président de l'association de financement de la campagne du candidat Hollande, ENA, promotion Voltaire. Jean-Marie Cambacérès, animateur de Démocratie 2012, comité de soutien de François Hollande, ENA, promotion Voltaire. Pierre-Yves Duwoye, directeur de cabinet du ministre de l'éducation nationale, Vincent Peillon, ENA, Promotion Voltaire. Jean-Pierre Jouyet, président de l'AMF et conseiller de longue date du président, ENA, Promotion Voltaire. Michel Sapin, ministre du travail dans le gouvernement Ayrault, ENA, promotion Voltaire. Ségolène Royal, future présidente de l'assemblée nationale après des élections législatives, ENA, promotion Voltaire. Dominique de Villepin, groupie de luxe du nouveau président et du nouveau gouvernement, ENA, Promotion Voltaire. La parité et la diversité c'est pour l'affichage gouvernemental, pour tout le reste il y a l'ENA, promotion Voltaire. Le grand philosophe des lumières n'avait pourtant pas mérité ça. Enfin, comme aurait dit Gavroche : Hollande est aux affaires c'est la faute à Voltaire, il se plantera bientôt c'est la faute à Rousseau (ou à Sarko...).

Mais si on passe rapidement sur ce népotisme au plus haut sommet de l'état, reconnaissons en tout cas que les ministres font des merveilles. Et c'est rien de le dire. Pour les transports, certains, voulant imiter le chef de l'Etat, font même du zèle. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, voyage ainsi en low cost entre Berlin et Rome (Air Berlin pour info), écourtant en cela une conférence de presse, où il n'aura répondu qu'à une seule question. Un déplacement qui valait vraiment le coup en somme. D'autant qu'il était arrivé dans la capitale Allemande par Air France, donc pas low cost (pas bien). En déplacement à Aubervilliers, suite à un braquage, Manuel Valls, ministre de l'intérieur, rentre en métro (bien). Mais il était arrivé en voiture sur les lieux (pas bien). Cherchez la cohérence. Le président, lui même, ne se rend t-il pas aujourd'hui à Caen en voiture ? Bon certes, avec un cortège de 7 voitures blindés, mais quand même, quel progrès. C'est curieux en tout cas tous ces nouveaux ministres qui utilisaient allègrement lignes régulières, jets privés et voitures pendant la campagne électorale, et qui se croit obliger de faire de la surenchère à qui dépensera le moins. Pour faire encore des économies, pourquoi ne pas frauder dans le métro ? Ou faire du stop ?

Sur le front de l'emploi, les choses vont s'arranger. N'a-t-on pas désormais un ministère du "redressement productif", autrement dit de gestion des plans sociaux ? De son côté, Michel Sapin, ministre du travail, a carrément dévoiler le fond de sa pensée : dans les mois qui viennent, l'augmentation du chômage, il mettra ça sur le dos de Sarko. On s'en doutait, mais l'avouer aussi franchement, fallait oser. Quoiqu'il en soit, un emploi a d'ors et déjà été sauvé : Valérie Trierweiller reste à Paris-Match. Arnaud Montebourg aura été moins efficace. Audrey Pulvar va quitter l'émission de Laurent Ruquier "On n'est pas couché". Au grand soulagement des derniers téléspectateurs de l'émission. Par contre pour les vrais emplois (ou le "vrai travail" comme dirait Sarkozy), on verra plus tard. Pour Florange, on a commandé un énième rapport. Y a pas urgence. Pour Doux, en redressement judiciaire. 

Une autre question parait bien gérée : Le logement. Cécile Duflot, avec son portefeuille de "l'égalité des territoires" (!), est aussi en charge de cette question. Et déjà, plusieurs décisions chocs annoncées. D'abord la confirmation, et même si possible l'accélération de la fin du dispositif Scellier de défiscalisation pour l'achat d'un logement neuf privé à usage locatif. Sans dispositif pour l'instant prévu pour le remplacer. Pourtant, le secteur du bâtiment est à la peine depuis la suppression annoncée de ce dispositif par le gouvernement Fillon. Ce manque d'incitation fiscale pour financer de nouveaux programmes de construction de  logements privés ne va faire que dégrader le déséquilibre offre-demande déjà particulièrement criant pour pouvoir se loger. A cela, le gouvernement répond par une augmentation du plafond du livret A. Cependant, seulement 9% des livrets A ont atteint le plafond. La majorité des français n'ayant que quelques centaines d'euros tout au plus. Qui plus est, le taux d'intérêt de 2,25% devrait resté inchangé. Pas de quoi pousser les foules vers les guichets de la poste. Enfin, l'argent du livret A sert au financement du logement social. Or, une partie de l'argent actuellement collecté et détenu par la caisse des dépôts n'est déjà pas utilisé. Il n'y a aucun problème de collecte au niveau du livret A. On risque donc, par cette stratégie, de freiner l'investissement vers la construction de logements privés, sans pour autant booster le logement social. Double erreur. 

Reste enfin l'annonce de blocage des loyers à la renouvellement d'un bail ou lors d'un changement de locataire. Dans toute l'Histoire, s'il y a une constante, c'est que le blocage des prix, ça n'a jamais marché. Cela ne fait au contraire que perdurer les dysfonctionnements, et empêche de prendre les bonnes mesures de réajustement, c'est à dire de favoriser l'utilisation de l'épargne vers la construction de logements privés, et ainsi rééquilibrer l'offre avec la demande. Avec de pareilles mesures de blocage des loyers, les propriétaires seront moins incités à louer et à faire des travaux, ce qui contractera d'autant plus l'offre, aggravant la pénurie. Quand à ceux qu'on entend régulièrement pleurer sur le fait qu'il est trop cher de se loger à Paris. Oui, c'est vrai, mais personne n'a jamais interdit de traverser le périph, vers ce qu'on appelle "la banlieue". Question de snobisme...

Un autre ministre fait des prouesses. A défaut d'être efficace, il excelle en tout cas dans l'incantation. Mais qui donc ? Eh bien, notre ministre de l'économie, Pierre Moscovici. Lors d'une rencontre, lundi, avec Olli Rehn, commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, il n'a pas hésité à affirmer que Paris tiendra ses engagements de réduction du déficit budgétaire, ramenant celui-ci à 3% en 2013. Et il a ajouté "sans mesure d'austérité, oui, nous le ferons". Et face aux sceptiques, celui-ci a met surenchéri : "Nous sommes prêt à être jugés sur nos résultats, mais nous avons aussi nos propres voies et moyens". Pour Moscovici, pas de problème, le retour à 3% en 2013, "ce sera réalisé". Mais qui peut donc y croire sérieusement ? Il y a un double mensonge ici. Tout d'abord, non, le déficit ne sera pas ramené à 3% en 2013. Il était de 5,2% pour 2011. Les prévisions sont de 4,4% pour 2012. Qui peut imaginer une réduction de 1,4% en une seule année, ce qui équivaudrait à 15% de coupes budgétaires ? Qui plus est avec une croissance quasi-nulle en France et dans la zone euro.

Le deuxième mensonge, c'est qu'il y aura évidemment des mesures d'austérité, malgré les dires du ministre, mais que malgré tout, elles ne suffiront pas pour tenir les engagements. Par "nos propres voies et moyens". Le gouvernement est ici dans le déni le plus complet. Ce qu'il va se passer en réalité, c'est une augmentation de la fiscalité pour les ménages les plus aisés. Comme cela ne rapportera pas grand chose, il faudra tailler dans les multiples niches fiscales. Mais comme beaucoup sont explosives politiquement, car fruit de longs clientélismes et conservatismes, elles rapporteront, là encore, moins que prévu. Restera les classes moyennes, les vrais vaches à lait dans ce genre de situation. Et comme les classes moyennes sont déjà beaucoup prélevées, cela ne suffira toujours pas pour faire les comptes. Et il faudra dans ce cas commencer, enfin, à réduire les dépenses publiques. Et ça, ça s'appelle comment ? Oui,  de la rigueur, et même de l'austérité. Il n'y aura pas de "propres voies et moyens". La France appliquera les mêmes recettes que partout ailleurs.  Moscovici se déclare prêt à être jugé sur les résultats l'année prochaine. Chiche ? Et si la promesse n'est pas tenue ? Il démissionne ?

Car la vie est dure pour le gouvernement. Surtout qu'en ce moment, les cassandres semblent s'être donnés le mot pour contrarier ses incantations de "positive attitude". Le président de la BCE, Mario Draghi, a dégainé le premier. Pas content le Mario. Son message : réduisez les dépenses, faites des réformes structurelles, n'attendez pas tout de l'Europe et de la banque centrale. Puis, c'est la commission européenne, par la voix de José Manuel Barosso, qui a délivré en substance le même message : "Il faut maintenir le cap de la rigueur", "rigueur ou faillite", il faut choisir. Comme si cela ne suffisait pas, c'est la cour des comptes qui a tiré la sonnette d'alarme. Pas très sympa le camarade du PS, Didier Migaud, qui est actuellement à sa tête. Et que dit-il à ses amis ? Réduisez encore et toujours les dépenses publiques. Conserver les RGPP initiés par le précédent gouvernement. Ne comptez pas sur l'impôt pour rééquilibrer les comptes, c'est insuffisant et inefficace. Enfin, c'est l'Inspection Générale des Finances (IGF) qui passe cette semaine à l'offensive. Faites des reformes structurelles, ne remplacez pas 2/3 des fonctionnaires partant à la retraite, modération salariale dans la fonction publique. Bref, le même son de cloche partout : réduisez les dépenses publiques. Mais, le gouvernement n'en dira pas un mot avant le 17 juin. D'ailleurs pas de problème, les taux d'intérêt de la France sont très bas, et permette de se shooter un peu plus à la dette. Oui, le cyclone est actuellement sur l'Italie et l'Espagne. Mais il est en train de remonter, et il sera dévastateur.

En attendant, tout va très bien madame la marquise. Reste à assurer la victoire aux législatives. Et pour cela, rien de tel que d'acheter ses clientèles électorales : 25% d'augmentation sur l'allocation rentrée scolaire. Décret sur le retour à la retraite à 60 ans. Initialement réservé pour quelques carrières longues, le cadeau s'est, au fur à mesure, étendu à toujours plus de monde (Périodes de chômage incluses, congés maternités...). Blocage des loyers à la re-location. Revalorisation du SMIC, ce qui a pourtant pénalisé, tout le monde le sait, l'emploi peu qualifié depuis deux décennies. Et surtout, cela ne touche que 10% des salariés. Fin des RGPP et du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux. Coût des cadeaux du mois de juin : 20 milliards sur 5 ans dit l'UMP. Invérifiable, mais ça va coûter, ça c'est sûr. La France est en fait à contre sens complet du reste du monde. En plein déni des réalités. C'était le cas en 1981. Ça ne l'était déjà plus en 1982, l'année de la rigueur. Car n'oublions pas qu'électoralement, les gogos du mois de juin sont toujours les cocus de Septembre...

Une présidence normale quoi...

A suivre...

lundi 28 mai 2012

Chronique d'une présidence normale (1)

Investiture en grande pompe, sommet franco-allemand, nouveau premier ministre, nouveau gouvernement, sommet de l'OTAN, sommet du G8, sommet européen. La présidence normale a commencé sur les chapeaux de roues, à un rythme finalement presque aussi tonitruant que sous le sarkozysme. Autant d’évènements, et autant d'occasions de satisfecit pour le nouveau pouvoir en place. Enfin, d'après sa propre version. Car pour la réalité, on nuancera quelque peu...

Depuis l'élection du candidat socialiste, les journalistes ne sont pas en reste. Le candidat Hollande les avait déjà particulièrement choyés pendant la campagne électorale. Imaginez, un bus mis à disposition pendant toute la tournée du candidat. Le "Hollande tour" ça s'appelait. Une campagne électorale tout confort avec le futur président. La presse étrangère s'est gaussée de ces liaisons dangereuses entre le candidat et la presse française. Qu'importe. Certains se délectaient alors déjà de la futur présidence Hollande. "On va nous emmener dans le Air Hollande One" disaient ils. Bientôt la grande vie, après tant de souffrance sous Sarkozy. Une fois élu, le nouveau président n'a pas oublié ses nouveaux amis. Il les a même remerciés pour leur participation au "Hollande tour". Et parle d’établir d'une nouvelle relation avec eux, faite de "respect". Comprenez par là de "services rendus".

Car derrière cette nouvelle idylle, se cachent des considérations un peu moins glamours. Une vieille revendication des journalistes : l'abattement de 30% pour leurs frais professionnels. Supprimé en 1996 par Alain Juppé, faisant alors la chasse aux niches fiscales inutiles, cet abattement est devenu le cheval de bataille des journalistes, dont à sa tête une certaine Valérie T. (cherchez...). En 2008, fin de non recevoir de Sarkozy sur le sujet, qui sonne aussi la fin de son idylle avec les journalistes. Grave erreur. C'est donc François Hollande, ce héros, qui rétablira le juste avantage fiscal qui leur est dû. Les journalistes vont donc à la soupe, et avec zèle. Sommet franco-allemand, un succès. Nouveau gouvernement, formidable. Sommet de l'OTAN, François Hollande tient magnifiquement son rang. Sommet du G8, François Hollande impose la croissance aux grands de ce monde, qui s'inclinent devant sa brillante vision. Sommet européen, François Hollande impose les eurobonds au reste de l'Europe, béate d'admiration. "La presse est unanime" pourrait on écrire sur l'affiche de ce nouveau spectacle. Seule ombre au tableau, le sort du magazine Marianne. Un business model orienté exclusivement sur la rejet de la personne de Sarkozy, ce "voyou" et "pétainiste". En retrait de la vie politique, il va falloir trouver autre chose à vendre aux gogos. Mais que François Hollande se souvienne de la grande règle des journalistes. Tous les politiques l'ont subi, de Mitterrand à Sarkozy, de Balladur à Jospin. C'est la règle des trois "L" : Lécher, Lâcher, Lyncher. La lune de miel ne durera pas éternellement. Car plus fort encore que les hochets, les journalistes suivent avant tout l'opinion de leurs lecteurs, et se retourneront avec celle-ci avec le même unanimisme...

Mais, qu'on ne parle pas de connivence entre les politiques et les journalistes. Ça n'existe plus ces femmes de ministres journalistes, telles que, par le passé, Anne Sinclair, Christine Ockrent ou Béatrice Schoenberg. Enfin presque plus. Il y a bien Audrey Pulvar, compagne d'Arnaud Montebourg, qui sévit sur France 2 et France Inter. Ah oui, et puis aussi Valérie de Senneville, du journal les échos, alias madame Michel Sapin, ministre du travail, qui s’interroge sur son avenir professionnel. Ah oui, j'oubliais, il y a enfin Nathalie Bensahel, du Nouvel Obs, qui est également la femme de Vincent Peillon, ministre de l'éducation nationale. On ne cite évidemment plus notre nouvelle première dame, Valérie Trieweiller, représentante de Paris Match et Direct 8. Mais qu'importe, les journalistes sont totalement indépendants, et savent parfaitement faire la part des choses. La connivence entre le pouvoir et les médias, ça n'existe pas. Le "Hollande tour" est une invention de l'esprit ou des journalistes étrangers, qui n'y comprennent décidément rien à cette exception française. Pas de connivence ? Et les poils à gratter gauchisant de France Inter, Stéphane Guillon et Didier Porte, virés sous Sarkozy ? Le fait du prince. Et Eric Zemmour, poil à gratter de droite, bientôt viré de RTL ? Pour devancer les désirs du nouveau prince. Digne des plus belles heures de l'ORTF...

Enfin, qu'importe les médisants. Ce gouvernement est quand même formidable. Parité parfaite, réduction du salaire des ministres de 30%, charte de déontologie, exemplarité, pas de ministre condamné par la justice. Pas de ministre condamné par la justice ? Le candidat Hollande avait été très clair : "Je n'aurai pas autour de moi, à l'Elysée, de personnes jugées et condamnées". Bravache, il ajouta même : "Vous me rappellerez cette phrase, si jamais je venais à y manquer". Un gouvernement Ayrault irréprochable donc ? Et là, ça commence mal. Le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, condamné en 1997 à 6 mois de prison avec sursis pour favoritisme. Merci les camarades du PS pour cette peau de banane avant la nomination à Matignon. Oui, mais il n'y a pas eu enrichissement personnel. Ah bon, alors ça va dans ce cas. Pourquoi une condamnation dans ce cas ? Et la ministre de la Justice, Christiane Taubira, condamnée pour licenciement abusif d'une collaboratrice en 2004 ? Oups, on y avait pas pensé. Et Arnaud Montebourg, ministre du savoureux ministère du "redressement productif", condamné la semaine dernière pour injure envers les dirigeants de SeaFrance ? Oui, mais ce n'est pas bien grave. En somme, à moins d'avoir été condamné pour braquage ou détournement de fonds conséquent, la règle semble souple. Heureusement que la nouvelle ministre déléguée à la justice, Delphine Batho, quitte enfin le logement social qu'elle occupait à Paris, contre l'avis même de la municipalité socialiste. On aurait pu penser qu'il y avait des casseroles dans ce gouvernement. Ouf, nous sommes rassurés !

Oui, mais prenez le bilan de Hollande tout de même. N'est y pas formidable ? Angela Merkel a enfin accepté de le recevoir, et l'a même reçu comme un chef d'Etat. C'est bien la preuve qu'il a l'étoffe, non ? Lui même n'a-t-il pas d'ailleurs bravé la foudre qui s'est abattue sur son jet présidentielle ? Et au sommet de l'OTAN, et au G8 ? Pareil. Reçu en président. Quelle stature ! Sauf qu'il est président. Recevoir un président élu, quoiqu'on en pense, c'est quand même la moindre des choses. Il n'y a pas de quoi en tresser des lauriers. Oui, mais regardez comme il impose ses idées. Au sommet de l'OTAN, il a défendu le retrait des troupes françaises d’Afghanistan dès 2012. Et il l'a obtenu ! Sauf pour les formateurs qui resteront en 2013, ce qui était le plan initialement prévu. Mais il faut bien enjoliver un peu, non ? Et le G8 alors ? François Hollande a défendu et imposé l'idée qu'il fallait de la croissance. La grande idée. Qui donc a bien pu être contre ? D'ailleurs, la croissance était largement au menu des précédents G8. Rien de nouveau à Chicago. Mais il faut bien enjoliver un peu, non ? Le président s'adresse d'ailleurs à lui-même un satisfecit, estimant qu'en plaidant pour la croissance au G8, son mandat est déjà "honoré". C'est si simple la politique finalement. Ne manque plus que la signature du décret instaurant la croissance.

Et le sommet européen de Bruxelles la semaine dernière alors ? Exemplarité et efficacité, là c'est incontestable. Voyage aller en train et voyage retour en voiture, pour faire des économies. Sauf que le jet présidentiel suivait, au cas où, et que le passage du train a nécessité une sécurité hallucinante sur le parcours franco-belge. Economique vraiment ? Quant au retour nocturne en voiture, avec toujours le jet qui suit, il faisait plus penser à la femme de Laurent Fabius allant chercher son mari en conseil des ministres en 2CV dans les années 80. Un mauvais sketch. Enfin, François Hollande aura au moins imposé sa grande idée des eurobonds au reste de l'Europe. Oui, sauf que la moitié de l'Europe rejette les eurobonds, et que c'est précisément cette moitié qui doit les payer. De plus, on ne dit pas beaucoup que l'introduction des eurobonds est contraire aux traités européens. Y recourir nécessiterait de faire ratifier de nouveaux traités dans tous les pays de la zone euro, voire d'Europe. Autrement dit, le jour où les eurobonds seront mis sur le marché, la zone euro aura éclaté depuis longtemps...

Maintenant, si l'on regarde du côté de l'opposition, rien de bien réjouissant. La "droite la plus bête du monde" est de retour. Elle promet même d'être une cuvée exceptionnelle. Alors que les élections législatives s'annoncent perdue, celle-ci n'hésite pas déclencher sa guerre des chefs. Le match Fillon-Copé a commencé. Car, ce n'est pas la défaite qui est recherché aux législatives, mais bien la Bérézina. A quoi bon sauver quelques sièges de députés, puisque la bataille est perdue. Autant laisser Hollande se dépatouiller dans la crise. Il n'y aura plus qu'à se baisser en 2017 pour ramasser les morceaux. C'est ce que pensaient certains en 1981. On sait ce qu'il en est advenu...

Reste la palme à François Bayrou, qui se sera attaché, avec méthode, à disparaître du paysage politique. A force de n'être ni de gauche, ni de droite, il a fini par être nulle part. A force de se brouiller avec la droite, puis avec la gauche, il ne sera probablement pas réélu dans la circonscription de son Béarn natale. Chapeau l'artiste. 

Une président normale quoi...

A suivre...